07/10/2009

Envoyé Spécial: encore l'amalgame

Envoyé Spécial: encore l'amalgame...

http://envoye-special.france2.fr/index-fr.php?page=report... 

"Mais pour qui nous prennent-ils ?

L’émission de France 2, Envoyé spécial, a provoqué ou déçu le monde du vin.
Son titre annonce la couleur: «Le vin est-il un produit naturel?»

Et bien non, mesdames les journalistes! Le vin est un produit transformé par l’homme depuis plus de 2000 ans. La maîtrise de sa transformation a évolué à mesure que des hommes comprenaient mieux les processus de fermentation, de conservation…
A Vitisphère, nous adorons la critique, mais nous l’aimons rationnelle, scientifique, constructive, pédagogique. Les envoyés spéciaux paranoïaques de France 2 ont cherché à faire peur (et oui, la peur, ça fait de l’audimat!). Selon eux, de nouveaux dangers guettent l’humanité. Ils ont pour nom: les levures exogènes, la chaptalisation, le SO2, les engrais, les désherbants, la phytopharmacie, les machines à vendanger… Pas une explication, rien que des amalgames, des sous-entendus.


Souvent, je me défends d’être journaliste, car j’ai idéalisé ce métier, son exigence, son impartialité, sa rigueur. Les journalistes de France 2 ont manqué de rigueur, de culture, d’impartialité, de professionnalisme. Ils ont manipulé les téléspectateurs et fait le lit des partis de la peur, la «masse noire» que Tocqueville redoutait tant. Le totalitarisme démocratique est en route".


Michel Remondat / Vitisphère 

 

Cher Monsieur Remondat,
 
Je vous félicite pour votre engagement dans l’info du vin que j’apprécie de recevoir régulièrement chaque vendredi soir. Je sius un fervent propagandiste de votre média.
 
Votre « coup de gueule » contre les journalistes de FR2 trouve sa totale justification, surtout concernant les levures industrielles dites exogènes (les mevures endogènes, celles du cru, n’ont jamais été un élément du terroir, ce qui fut démontré de façon exhaustive par la thèse de François DESPAGNE mais que certains bio continuent de revendiquer haut et fort afin de compléter leur discours sur le terroir), la chaptalisation et bien sûr le SO2 qu’on ne sait toujours pas remplacer (voir les vins semi-piqués ou qui ne tiennent ni à l’ouverture  et encore moins au vieillissement des rares bio qui s’en prévalent, on en a Bx !!).
Par contre tout ce qui a été dit contre la chimie de la vigne, j’y adhère 100%, peut-être parce que je suis un ancien des pesticides, dans une autre vie. La démonstration dans l’émission  va dans le sens de l’histoire puisque, sans être devin, l’utilisation des molécules de synthèse systémiques sera interdite dans un temps plus court que ne se l’imaginent les vignerons.  Les analyses très faciles à réaliser aujourd’hui (2 labo à Bx)  vont faire grand bruit* et finiront de retourner les consommateurs vers les vins bio ou en biodynamie.
 
Recevez, cher Monsieur, mes sentiments les plus cordiaux.
 
 
Franck DUBOURDIEU
franck@franckdubourdieu.com

11:31 Écrit par In Vino Veritas dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

Commentaires

Mais quel est donc ce nouveau contre-courant qui se bat tellement contre les vins naturels ?

Le monde du vin industriel, chimique, aux forts rendements est il tellement en crise pour s'attaquer aux quelques "fous" qui respectent encore la nature ?

Effectivement, de plus en plus de consommateurs éclairés ne veulent plus de vins issues de vignes en sur-rendements, cultivées avec force pesticides, insecticides, herbicides, vendangées par des machines qui ne savent pas trier, vins chaptalisés car récoltés trop tôt, auxquels ont ajoute des levures pour qu'ils aient le même goût fade tous les ans, dans lesquels trop de sulfites sont ajoutés pour supporter des conditions de transport et stockage débiles, sans parler des copeaux de bois, des filtration intensive. Bref, ils ne veulent plus de vins morts et aseptisés.

Je suis tout de même étonné par une série d'articles ou de réactions récents, concentrés contre les vins dits natures. A qui profite le crime et qui l'organise ?

Ciao, Erix.

Écrit par : erix | 07/10/2009

Je partage la même interrogation qu'Erix par rapport à ce que j'ai pu lire dans la presse ces derniers temps.

Il serait peut-être utile de rappeler que pratiquement aucune des techniques agricoles productivistes depuis les années 60 n’a été sérieusement évaluée quant à son impact sur l’expression des terroirs dans les vins, avant d’être intégrée dans les cahiers des charges des AOC. L’oenologie corrective (levurage, chaptalisation, acidification, tanisages et j'en passe) a été aussi nécessairement intégrée dans les AOC, aussi sans évaluation, pour soigner les déséquilibres apportés par l’explosion des rendements, l'apport de produits de synthèse dans nos vignes. Nos anciens avaient identifié la majorité des grands terroirs qui composent notre vieille Europe, et ils produisaient des vins magnifiques et sans maquillage (produits, levures, enzymes, arômes chimiques, procédés technologiques de pointe…).

Alors, la même question, pourquoi tant de haine envers ceux qui veulent imiter nos anciens avec plus ou moins de réussite?

Vive la pluralité des goûts et vive la tolérance!

Écrit par : Julien | 07/10/2009

Mais pourquoi ? Erix et Julien je vous rejoins et je ne comprends pas, monsieur Dubourdieu, votre attaque concernant les levures. Je suis bordelais de naissance et d'éducation. Je connais votre travail. Mais à quoi doit-on limiter le terroir ? Au sol ? Au sous-sol ? Au micro-climat ? A l'homme ? Et pourquoi pas les levures indigènes ?
Ce discours sous-entend donc que quelques grands vins légendaires hors bordeaux ne seraient que des vins qui puent et qui ne tiennent pas la garde... Un peu de sérieux ! Je conseille aux bordelais de faire comme moi et de voyager plutôt que d'enseigner à l'Ecole du Vin du BIVB qu'il est impossible de produite un blanc en levures indigènes (SIC).

Écrit par : Baraou | 08/10/2009

Débats d'idées Merci à tous pour vos commentaires, qui font tous avancer le débat. Mais merci aussi d'oublier vos couteaux, votre parano et vos certitudes au vestiaire. Nous entendons que notre blog puisse accueillir des opinions différentes dans le respect de l'autre - le pluralisme, c'est comme une fleur fragile qui s'entretient chaque jour. Veillons à ne jamais confondre le débat d'idées et l'anathème contre les gens qui les soutiennent.

A priori, il n'y a pas de rapport direct entre le reportage d'Envoyé Spécial et les vins nature, mais nous le répétons: le droit d'inventaire existe aussi pour les vins nature. Cela ne veut pas dire qu'il faut les accabler. Le concept nous paraît même éminemment sympathique, comme tout ce qui va dans le sens d'une terre pus propre et de produits plus sains, pour les producteurs comme pour les consommateurs. Mais c'est dans le verre que nous voulons juger.

S'il y a complot contre les vins nature (ce qui nous semble douteux), nous n'y participons certainement pas. Nous avons trouvé de bons vins sous ce "label", d'autres moins. Le nom ne fait donc pas tout. Pas plus qu'un AOC ne garantit une qualité absolue. C'est notre seul message.

Écrit par : IVV | 08/10/2009

je voudrais dire que... Pour conclure, je dirai que l'appellation ne veut rien dire, pas plus que l'AOC. La seule chose qui veuille vraiment dire quelque chose, c'est la dégustation et à l'aveugle bien sur!. Et oui, vin naturel ou pas, biologique ou non, il faut gouter pour en parler quel que soit le vin. l'étiquette ne dit pas tout ( elle ne dit pas grand chose d'ailleurs, mais ça, c'est un autre débat!). Après, on eut avoir des préférences pour tel ou tel méthode, appellation, cépage...Moi par exemple, c'est le gamay ou le chardonnay en naturel;0)

Écrit par : Isabelle | 08/10/2009

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