25/12/2009

Bourgueil quitte Interloire, d'autres AOC y songent

Alors que le Ministère français de l'Agriculture pèse de tout son poids pour que les interprofessions viticoles se regroupent, l'AOC Bourgueil vient de décider de quitter la sienne, à savoir Interloire. La procédure est prévue, cela s'appelle une Déclaration Unilatérale d'Indépendance. Et celle-ci a été votée voici quelques jours par 89% des vignerons présents.


Vignes Loire

Douceur des bords de Loire...

 

Le président du Syndicat des Vignerons de Bourgueil, Philippe Pitault, précise que la décision n'a pas été prise à la légère, que Bourgueil ne se retrouve plus dans la stratégie globale d'Interloire, et désapprouve notamment le poids du négoce dans ses activités de promotion. Bourgueil accuse Interloire de privilégier une logique industrielle, des vins génériques, l'image globale de la Loire à l'étranger, au détriment des AOC spécifiques (Interloire en fédère actuellement 65).


D'autres AOC évoquent le même "malaise", comme Saint-Nicolas de Bourgueil et Noble Joué ; si, pour l'instant, leurs instances ont repoussé l'idée de l'indépendance, elles ont cependant refusé d'augmenter leurs fameuses "Cotisations Volontaires Obligatoires" destinées à l'interprofession. Elles aussi demandent d'abord que les petites appellations soient mieux respectées.


Autre pomme de discorde : la décision d'Interloire de réduire le financement accordé au Salon des Vins de Loire (elle ne serait plus accordée qu'une année sur deux). Ce qui passe très mal auprès des "petits", pour qui le Salon d'Angers consitute une vitrine de première importance, et qui n'ont guère l'occasion de profiter des actions à l'exportation d'Interloire.
Même le président du bureau régional d'Interloire à Tours parle de "constat d'échec", en évoquant la décision de Bourgueil.

La jacquerie ne se limite pas aux Tourangeaux: le Pays nantais, et notamment le Muscadet, gronde aussi de vignerons qui digèrent mal la mainmise de la Fleur de Lys ligérienne sur leur blanche Hermine bretonne... et plus prosaïquement, qui constatent que leurs ventes ne profitent guère de la promotion commune d'Interloire. 


Hervé Lalau (pour Vitisphère)

12:21 Écrit par In Vino Veritas dans Loire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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