22/05/2010

Où l'on reparle des concours de vin

Un récent concours de vin, que nous ne nommerons pas car il n'a pas besoin de nous pour faire sa publicité urbi et zarbi, a désigné un vin argentin comme "meilleur rouge du monde".

Tant mieux pour lui et tant mieux pour ceux qui y croient!

Dans le dernier IVV, notre consoeur Fiona Morrison nous expliquait qu'il allait falloir compter avec les vins d'Argentine, alors "¿porque no?" comme on dit à Mendoza.

Tout de même, cette "victoire" illustre à nouveau le problème des concours de vins, que nous exposions l'an dernier dans nos colonnes.

Qui étaient les adversaires du champion argentin? Combien de grands noms ont-ils osé envoyer des bouteilles à ce concours? Combien de crus classés de Bordeaux? Combien de grands crus de Bourgogne? Combien de supertoscans? Combien de grands du Piémont? Grange y était-il aussi? Et Opus One? Et Deiss? Et Krug? Et Rayas? Et Kracher? Et Egon Müller?

Au fait, comment les jurés ont-ils pu départager des vins du monde entier? Des pinots et des barberas, des cabernets et des gamays, des chasselas et des sauvignons, des rieslings et  sylvaners, des viuras et des alvarinhos?

A quoi riment ces grands-messes païennes qui se vantent du nombre d'échantillons dégustés? Comme si le volume était un facteur de crédibilité, plutôt que la preuve de leur mercantilisme!

Et pourquoi des dégustateurs acceptent-ils de leur donner la caution de leur nom ou celle de leur(s) magazine(s), alors qu'ils ne goûtent qu'une toute petite partie de l'ensemble et ne savent jamais précisément ce qu'ils ont primé?

Qu'importe, nous direz-vous - du moment qu'on parle du concours, et qu'il vende ses macarons.

Vous l'avez compris: IVV ne mange pas de ce pain-là.

Une petite remarque pour les "sponsors", enfin: pourquoi les responsables du vignoble  de Bordeaux, dont le meilleur de la production se garde bien de participer à ce genre d'événements, les soutiennent-ils? Est-il de leur intérêt de subventionner des organisations pareilles quand c'est l'Argentine qui tire les marrons du feu? Les vignerons jugeront.

 

16:33 Écrit par In Vino Veritas dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook |

Commentaires

Moi j'aime bien les macarons

Écrit par : Adèle Blancsec | 22/05/2010

Concursi Ca est pas parque vous ne aimer pas les concours que vous dever degouter les altres

Écrit par : Arturo dell'Acqua | 22/05/2010

a propos des cons courts Cher Phiphi, cher tous,

a quoi bon ces polémiques pleines d'aigreurs et de ressentiments. Il n'est pas plus idiot de désigner le meilleur vin du monde que de désigner le meilleur restaurant du monde. La démarche est la même. Tous, nous savons, de Marseille à Anchorage que les classements sont fait pour être descendus. a commencer par celui de 1855 qui est le premier du genre. Depuis, les macarons et autres colifichets ne font que reprendre les paramètres de la chose, en les améliorant. Que dire de ce fameux concours de Bruxelles qui est la cible de l'irascibilité du jour ? Pour en être depuis quelques années, je peux en dire que c'est vachement sérieux, nettement plus que l'immense majorité de ce qui se pratique, surtout en France, pour ne parler que de ceux là. On peut dire aussi qu'il est fait en toute objectivité. Les contrôles très importants réalisés en amont et en aval sont là pour étayer les résultats. Est ce a dire qu'en cela ils ont valeur d'évangile ? non, cent fois non. Pas plus que les cotations d'un avocat célèbre, ou que les dégustations IVV. Soyons de bon compte, c'est une entreprise qui marche bien, c'est une entreprise bruxelloise, et rien que pour ça, c'est déjà pas mal. Le reste n'est que litres et ratures. A quoi bon étaler ses aigreurs ? On ne va pas refaire le monde et encore moins le système. Quant à dire qu'un vin est le meilleur du monde, c'est une autre et très longue histoire. Va t on remettre en cause les statistiques complètement foireuses prodiguées a grands coups de conférences de presse par les organisateurs d'un très grand salon consacré aux vins sis à Bordeaux ? Non, parce que même si l'on sait que c'est faux, archi faux et encore plus, nous n'avons pas le temps ni les moyens de collecter d'autres chiffres tout aussi sujets à caution. Des exemples de résultats, de chiffres, de médailles et de mises en avant sujet à discutions interminables, j'en connais des palanquées. Avons nous la mémoire assez courte pour ne pas nous souvenir qu'un jour des années quatre-vingt, un madiran fut donné supérieur a quelques grands bordeaux et que depuis le propriétaire glisse dans chaque caisse une photocopie de l'article ? Allez, un petit nexiam, et les aigreurs d'estomac passeront. Ce n'est qu'une question de patience.

Écrit par : Eric Boschman | 23/05/2010

En somme, tout le monde a raison... si l'on veut bien de conformer au principe d'aujourd'hui qui voudrait que pour dire le vrai, il faut se fier au chiffre, rien qu'au chiffre ! Moi, j'ai toujours détesté les classements, à l'école (sauf quand j'étais la première, bien sûr !), au lycée aussi, je suis terrifiée par les classements d'agents commerciaux ou d'autres employés dans des entreprises où je n'ai jamais mis et ne mettrai jamais la plume, je hais les anciens hit-parades et top tens, les prix littéraires, les légions d'honneur, je me fiche du palais sous barème de l'avocat et des statistiques sur les "volontés" du consommateur calibré ou, pire, de la "ménagère" plumeau au poing.
Je dois donc être une dangereuse et inefficace marginale. Je préfère les lettres aux chiffres, la description à la notation.
Reste que bien des frimeurs, plutôt que de chercher les mots pour dire leur émoi, préfèrent citer le chiffre 1, fût-il attribué par d'autres dont le palais et le nez seraient meilleurs, et en se soumettant sans même y penser à ces personnalités inconnues.
Chacun de nous, en tant que juré, participe tout en acceptant plus ou moins d'entrer dans cet élément du marketing qu'est un classement. Lorsque, comme moi, il l'accepte plutôt moins que plus, en dépit du résultat annoncé il garde pour sa construction personnelle ses sensations profondes.
Le problème du chiffre, c'est qu'il ne se relativise pas.
Adeline Brousse

Écrit par : Adeline Brousse | 23/05/2010

Franchement Never Mind The Bollocks Tempête dans un verre ballon qui est au courant de cette polémique ? Pas grande monde, ça ne dépasse pas le maigre cercle de quelques initiés alors si ça amuse les uns et les autres pourquoi tant d'énergie et d'encre virtuelle dépensées pour si peu. Laissez-les vivre comme disait le joyeux Pr Lejeune ils ne dérangent personne. Pas moi en tout cas et quand à l'extension du domaine du vin par ce genre de machin ça doit équivaloir à presque rien. Allez amusez-vous bien les amis si vous n'avez pas mieux à faire de vos saintes journées...
PS le propriétaire du Madiran a un nom pourquoi ne pas le nommer

Écrit par : Berthomeau | 24/05/2010

Pourquoi? « Je me maarrrrre ! », comme disait celui qui nous manque le plus depuis qu’un poids lourd ...
C’était en 1986, deux années avant la réélection de Tonton la francisque ...
Aucun rapport possible avec Bérégovoy, le Rainbow Warrior etc ...

Pourquoi ce préambule ? Parce que je vais ouvrir ma boîte à jouets préférée : « Le Petit Psychologue ». Faut dire que j’ai lu tous les textes de Dolto (le fils, bien entendu) et même un petit ouvrage intitulé : « Comprendre Jung en 3 leçons », par M. Altmann (cherchez l’humour).

La question qui tue : Pourquoi un concours ?

Acte premier : il ne faut pas incriminer les jurés, il ne faut pas incriminer les participants, il ne faut pas incriminer les organisateurs, il ne faut pas incriminer les sponsors (je cite Luc Charlier, le 24 mai 2010).
« Je crie vive la révolution, je crie vive les institutions, je crie vive les manifestations, je crie vive la collaboration » (je cite Jacques Dutronc ... il y a bien longtemps).
« I don't believe in magic, I don't believe in I-ching, I don't believe in bible, I don't believe in tarot, I don't believe in Hitler, I don't believe in Jesus, I don't believe in Kennedy, I don't believe in Buddha, I don't believe in mantra, I don't believe in Gita, I don't believe in yoga, I don't believe in kings, I don't believe in Elvis, I don't believe in Zimmerman, I don't believe in Beatles” (je cite Lennon, l’épais, voir plus bas).
Enumération n’est pas raison.

Acte deuxième : de tout temps, l’homme s’est imposé des compétitions. Il y avait l’homme de TROP-mignon (le plus mignon de tous les hommes), l’homme de TROP-Tavel (celui qui buvait le plus de rosé), l’homme des ca-VERNEs (qui avait lu le plus vite « 20.000 lieues sous les mers »), l’homme d’OLD-uvai (le plus ancien), l’homme NUUZEL (qui en savait le moins). Ce sont des faits avérés.

Acte troisième : même les animaux ont leurs concours. Un cheval de sang voudra mener la horde. Un pilote automobile, autre type d’herbivore peu cérébré, voudra consommer le plus de carburant, le plus de gomme, le plus de plaquettes de frein et passer le premier sous le drapeau à damiers (un échiquier, c’est trop compliqué pour lui). Même l’hère Ton saigna !

Acte quatrième : c’est sexuel. On (= ils, nous, eux) fait tout cela pour conquérir nos femelles. « A part peut-être Madame Thatcher » ..... comme le disait Pochtron 1er.

Epilogue : Ne cherchez plus, amis lecteurs, les concours de vin, cela sert à draguer les meufs.

PS : Comme le Paris-Brest, le bras de Vénus, le mille-feuilles, « l’épais de Lennon » est une pâtisserie raffinée !

Écrit par : Luc Charlier | 24/05/2010

Même si le concept de concours est un peu sans intérêt lorsqu'il est aussi général, même si le commentaire d'Eric Boschman ressemble fort à une tentative piteuse de défendre sa soupe; je dois dire que cette polémique ressemble un peu à une tentative mesquine d'une équipe de journalistes de déboulonner le travail d'une société qui publie leur seul concurrent en Belgique (Vino).
Bref, a priori, rien de de très beau...
Ceci dit, s'il y a quelque chose de plus profond derrière ce billet, merci de développer!

F

Écrit par : François | 24/05/2010

Triste Il n'y a pas grand chose de plus profond derrière ce post que notre agacement devant des gens qui élisent le "meilleur rouge du monde", alors que c'est un titre qui,selon nous, ne devrait pas exister.
Mais vous parlez vous-même de notre concurrent Vino (que nous n'avion spas cité). N'est-ce pas la revue qui s'intitule, de son propre chef, "Belgium's Favourite Wine Magazine"?

Tous ces superlatifs, c'est un peu redondant, vous ne trouvez pas? Et pas très flatteur pour nous, la concurrence.

Alors que vous nous taxiez de mesquinerie, François, ça nous attriste.

Écrit par : IVV | 24/05/2010

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