29/07/2010

Starring Pancho Campo

Le Chileno-Espagnol Pancho Campo dirige The Wine Academy of Spain. A ce titre, il a été sous les feux de l'actualité vineuse pour avoir organisé un cycle de conférences sur le réchauffement climatique et le vin (avec l'appui d'Al Gore, plus ou moins actif), ainsi que la conférence Wine Future (starring "Roberr Parket", comme disent nos amis espagnols). Mais il a eu aussi les honneurs de la presse (enfin, de quelques titres), pour avoir été l'objet d'un mandat international d'Interpol.

A l'origine de ce mandat, une vieille affaire datant de ses jeunes années passées à Dubaï, alors qu'il exerçait le métier d'agent d'artistes.

Seuls M. Campo et son ex-associée, qui l'accuse de vol, connaissent vraiment le fond de cette affaire; et cette polémique dépasse le cadre du vin. Une chose est sûre: M. Campo a été condamné pour fraude par un tribunal de Dubaï. Par contumace. A tort ou à raison? Qui sommes-nous pour en décider?

Si nous vous en en parlons, c'est que nous découvrons dans la presse vineuse française un article reprennant un communiqué des avocats de M. Campo, communiqué précisant que le mandat d'Interpol à son encontre vient d'être levé.

Ce qui nous gêne, c'est que nulle part, dans cet article, des éléments nouveaux ne sont apportés qui justifieraient cette levée, ou qui feraient état d'un arrêt cassant le premier jugement, auquel cas, évidemment, l'honneur de M. Campo serait lavé. Il ne suffit pas pour ça d'émettre des doutes sur l'intégrité de la justice de Dubaï, comme le site "Detained in Dubai", qui a fait de M. Campo un cas d'école.

Comme journalistes, il nous semble que des recherches plus approfondies s'imposent: ces recherches, notre confrère Jim Budd les a déjà diligentées, en Grande-Bretagne. Malheureusement, jusqu'à présent, du côté de M. Campo et de ses conseils, il n'a pu obtenir aucune explication. On s'étonne que le premier intéressé, M. Campo, ne soit pas plus enclin à se justifier alors qu'il a tout à gagner à une révision de son procès, et que les médias indépendants ne peuvent que l'y aider. Sur le site Detained in Dubai, M. Campo se déclare d'ailleurs disponible pour toute interview.

Mais il semble qu'à part M. Budd, personne ne s'est vraiment donné la peine de gratter sous la surface des choses.

Surtout pas en Espagne (où M. Campo n'a jamais été inquiété, ni même interrogé par la police, apparemment), et où la presse n'a guère émis de réserves ni sur son honnêteté, ni sur l'extension de ses opérations vineuses alors même qu'il était mis sur la sellette  - nous pensons à Vinoble, dont l'exploitation lui a été confiée entretemps par la Mairie de Jerez, ce qui est pour le moins audacieux de la part d'un mandataire public.

Ni même sur sa qualité professionnelle: nous avons crû comprendre que M. Campo bénéficiait d'une carte de presse espagnole, alors qu'il se présente lui-même comme chargé de relations publiques.

Quant aux médias français, ils se sont bornés à reproduire le communiqué de M. Campo. "J'ai été informé aujourd'hui, mercredi 21 juillet, qu'Interpol avait accepté ma requête de voir mon nom retiré de leur liste. Ils ont établi qu'il s'agissait d'une erreur et d'une injustice commise à mon encontre. Enfin, mon nom n'est plus sur leur site Internet et je ne suis plus une personne recherchée!"

Sans préguger du fond de l'affaire, là encore, ce comportement nous déçoit. Faute d'un minimum d'explications complémentaires, il semble que la publication de ce communiqué pouvait attendre, ou devait être assortie de beaucoup plus de réserves...

 

 

 

01:20 Écrit par In Vino Veritas dans Espagne | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.