26/10/2010

IRRIGUER OU PAS?

Je n'ai jamais rencontré Donald Hess, ni bu ses vins, mais j'ai déjà pas mal entendu parlé de lui.

La première fois, c'était il y a quelques années, quand un film de la TSR qui lui était consacré avait été primé au Festival Oenovideo. Le film avait un titre presque biblique: "L'Homme qui changeait l'eau en vin".

Il racontait, avec force belles images, l'itinéraire atypique d'un milionnaire Suisse parti faire du vin en Argentine, avec beaucoup d'argent, une bonne dose de passion, de créativité... et d'eau. Car à Colomé, sur un très haut plateau desséché par le soleil et les UV, seule l'irrigation permet de faire du vin.

L'histoire était belle, bien racontée, elle offrait même une "unique selling proposition": Colomé était à l'époque considéré comme le plus haut vignoble du monde. Il y a aujourd'hui contestation avec un autre vignoble, bolivien, celui-ci, mais bon, on trouve toujours plus grand, plus haut, plus fort ou plus bête que soi.

Ce même Donald Hess vient d'acheter une 2ème cave au pays du tango. A Cafayate, précisément. Sa nouvelle acquisition, une propriété de 20 ha, qui s'appelait jusqu'à présent du nom de son ancien propriétaire, Bodegas Muñoz, sera rebaptisée Amalaya, comme la deuxième étiquette de Colomé.

Mais j'ai une autre raison de vous vous en parler.
Je rentre tout juste d'Alentejo, où tout le développement de nouveaux vignobles est basé sur l'irrigation. Avec force barrages et retenues par l'alimenter.
D'aucuns Alentejanos nous disent que la vigne ne survivrait pas sans cette aide. C'est même grâce à elle qu'elle a fait son apparition à Beja, dans les années 1990.
On constate cependant qu'à Vidigueira, à Estremoz, à Borba, la vigne était bien antérieure. On se demande même si, une fois passées les premières années difficiles pour les jeunes plants, il n'est pas contreproductif de continuer à irriger si l'on cherche à ce que la plante aille vraiment puiser dans le sol et dans ses derniers retranchements.
Pour obtenir le fameux effet terroir (qui existe ou qui n'existe pas), il n'est pas sûr que de changer l'eau en vin soit le miracle attendu. Vos idées là-dessus, les amis?

 

Hervé Lalau

13:57 Écrit par In Vino Veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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