20/01/2011

South Africa, here we come...

Ce dimanche, notre rédac' chef adjoint entame un périple d'une semaine à travers les "winelands" d'Afrique du Sud.

Si l'internet le permet, il tiendra sur ce blog son journal de bord.

En attendant, il nous propose ce billet pour nous mettre dans l'ambiance...

"The Ruins Pinotage 2008"

Les Ruines? Drôle de nom pour un vin! C'est pourtant celui qu'a choisi le domaine Bon Cap, à Robertson, pour ses cuvées de jeunes vignes.

Robertson, pour ceux qui s'intéressent à autre chose qu'aux terroirs hexagonaux, c’est l’appellation qui borde Overberg au Nord, Worcester à l’Est et Klein Karoo à l’Ouest.  Du Cap et de Stellenbosch, vous prennez plein Est, vous passez le Drakenberg, et vous demandez aux autochtones? Pas ceux avec des plumes, ce sont des autruches  (on en élève pas mal par ici). On appelle aussi Robertson «la vallée des vignes et des roses». C'est très joli. Côté sols, c'est plutôt sableux, argileux et terra rossa.

Naguère surtout réputée pour ses vins fortifiés (longtemps désignés sous le nom de... Porto) et ses vins bon marché, la région est en train de se faire un nom pour ses rouges, notamment à base de syrah. Il faut dire que le climat est assez chaud, bien que les vents humides du sud-ouest le tempèrent un peu.

Originalité du Domaine Bon Cap: il s’agit de vignes exploitées en agriculture biologique.

The Ruins Pinotage.jpgThe Ruins

 

Bon, me direz-vous, et le vin en question? Et bien, je ne suis pas un inconditionnel du pinotage, qui, à mon humble avis, cumule souvent les pires défauts de ses deux parents, le pinot noir et le cinsault (alias ermitage, chez les Springboks). Imaginez que le goût de foxé ne soit pas à la dimension du renard, comme son nom l'indique, mais de l'éléphant d'Afrique. Et plus fort encore, imaginez que l'éléphant en question se mette du vernis à ongles, et mange des bananes plus que mûres. Vous avez l'idée générale.

Mais rien de tout cela ici, l'éléphant est resté dans sa réserve, et c'est mieux pour le vin: tout le fruit frais du pinot déboule au nez, (cerise noire, cassis, mûre, etc...), tandis que le côté gourmand et les épices du cinsault le suivent en bouche. Assez bonne acidité, un petit côté fumé, du moka, du noyau de prune et une texture soyeuse. C'est mûr, mais pas brûlant, il y a de la vivacité dans ce vin.

Nous sommes sous un climat proche du  climat méditerranéen, ce qui explique les 14° au compteur, mais le vin trouve son équilibre. "Ben oui, évidemment", diraient mes amis Luc et Marc, "le degré ne fait rien à l'affaire..."

Déjà bien ouvert aujourd'hui, je lui prédis cependant un bel avenir (5 ans au moins). Servez-le un peu rafraîchi, sur une bonne viande braisée ou un barbecue - un braai, comme on dit là-bas...

Pour moi, voila en tout cas une belle révision: l'Afrique du Sud, j'y serai dimanche et pour une semaine. Je passerai par Robertson, et je vous en donnerai des nouvelles.

Hervé Lalau

00:05 Écrit par In Vino Veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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