25/01/2011

Cederberg

Ma première après-midi au Cap m'a conduit au bord de l'eau. A défaut de Tafelberg (téléphérique fermé pour cause de vent à décorner les antilopes), nous nous sommes rabattus sur la côte, les plages et les falaises environnantes.

Bleu bleu le ciel du Cap, bleu encore plus profond, celui de l'océan ourlé d'écume.

LeCap.JPGUn garçon dans le vent

Puis nous nous sommes rendus à la première dégu officielle, qui regroupait des producteurs du Nord du Cap, essentiellement.

Comme Cederberg, par exemple.

Cette cave tire son nom d'un massif à 3 heures de route du Cap, (la Montagne du Cèdre) où l'on trouve les plus hautes vignes d'Afrique du Sud (1.100m). Elle est affiliée à l'organisation pour la protection de la Biodiversité, et se trouve elle même à proximité immédiate d'un parc naturel.  

La zone est assez particulière: elle est séparée de l'Olifantsrivier -et de l'Atlantique - par deux barrières de montagnes; aussi son climat est-il assez différent (peu d'influence océanique, plus de chaleur, mais tempéré par l'altitude), et ses sols aussi (glenrosa, granites plus ou moins décomposés). D'où l'obtention, dès 1978, d'un nom de district particulier (ward), un des rares qui ne soit pas inclus dans une région.

Sans surprise, cela se traduit dans les vins par un surcroît de fraîcheur, mais aussi, et c'est plutôt lié aux sols et aux expositions, à un surcroit de punch.

Cederberg produit surtout des blancs; son chenin m'a particulièrement séduit.

Ne vous attendez pas à Vouvray ou à un Montlouis, encore moins à un Coteaux du Layon (les chenins d'ici n'ont pas grand chose à voir).

Bien sec, il présente un nez assez explosif de fruits tropicaux et d'agrumes (pamplemousse rose, mangue), une bouche très alerte, tout sauf fluette, plus complexe qu'il n'y paraît (du gras sous l'acidité) et une longue finale sur les fruits confits (cédrat). 13°, 50 hl/ha, pas de bois.


Cederberg.jpgCederberg: le sauvignon et le chenin

Le genre de vin que l'on peut apprécier à plusieurs niveaux, pour le plaisir immédiat ou pour une analyse sensorielle un peu plus poussée. Un vin de gastronomie. Tout à fait délectable aujourd'hui, mais avec un certain potentiel (5 ans).

Du même Cederberg, les sauvignon, toujours en 2010, ne fait pas figure de parent pauvre, je l'ai apprécié pour sa franchise et un petit côté civilisé qui tranche avec beaucoup de sauvignons d'ici, un peu végétaux à mon goût (mais il y a d'autres exceptions, comme l'excellent Iona, à Elgin, dégusté ce midi au restaurant).

Pour en revenir à Cederberg: un terroir manifestement bien identifié, un vigneron passionné (David Nieuwoudt) qui collectionne les médailles, bref, un nom à retenir.

Hervé Lalau

Contact: Cederberg, +27 27 482-2827, courriel: pieter@cederbergwine.com

06:57 Écrit par In Vino Veritas dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : vin, afrique du sud |  Facebook |

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