14/02/2011

Gueuze ou Manzanilla?

Avec la cuisine asiatique, vous êtes plutôt Gueuze ou Manzanilla?

En voila une question étrange! C'est pourtant celle qu'on pouvait se poser jeudi dernier chez Inada, à Bruxelles, lors de la soirée organisée par Mafribel autour des produits de Pedro Romero (Sanlucar de Barrameda) et de la brasserie 3 Fonteinen, de Beersel.

Dénominateur commun entre les deux produits: le voile de levure, bien sûr... Et puis un mémoire de fin d'études, celui de Jo Debobbeleer, qui travaille chez Mafribel. Mark Schiettekat et Paul Taks, les deux compères de Mafribel, ont donc organisé cette soirée pour lui permettre d'engranger quelques avis d'experts. Chapeau, Messieurs!

C'est qu'il y avait du beau monde: Inge Straetmans (Delhaize), Stéphane Derenoncourt, Eric Boschman, Andy De Brouwer, Philippe Stuyck, entre autres - sans oublier mon complice Marc Vanhellemont, chargé de présenter la manzanilla à l'aréopage de dégustateurs (même aux initiés, un petit rappel n'est pas inutile). Il y avait là aussi une brochette de producteurs de gueuze, un petit monde où l'on se serre les coudes pour défendre une réputation grandissante.

Et puis surtout Armand Debelder, le brasseur-assembleur de 3 Fonteinen. Pédogogue mais passionné, donc passionnant, lui nous rappelle que la gueuze est une bière unique; les lambics qui la composent sont déjà uniques, on ne peut les produire que dans une rayon de 20km, dans la vallée de la Senne (Sud-Ouest de Bruxelles). Et puis, autant la plupart des bières se caractérisent par l'amertume que leur confèrent les houblons, les gueuzes elles, sont plutôt portées par l'acidité.

343px-3fonteinen.jpgDrie Fontenein

Alors, Gueuze ou Manzanilla?

Je ne me prononcerai pas sur les huîtres (suis allergique à ce noble fruit de la mer), même si mes voisins de table optaient plutôt pour le sherry. Match nul sur le carpaccio de saint-jacques. Plutôt gueuze, sur le poulet. grâce à un étonnant équilibre entre le fuit et l'acidité (la manzanilla pasada en rama assurait sur les poivrons, mais moins sur la  viande, faute d'opposition). Mais le clou de la soirée, pour moi, ce fut tout de même une manzanilla, le Don Pedro de Pedro Romero. Nez de vieux cognac, caramel, bonbon au lait salé, iode, une sensation de douceur qui se déchire en bouche; là, c'est la salinité qui prend le relais, quel tranchant!

Côté Gueuze (ou Geuze, pour reprendre l'orthographe originale flamande), ma préférée aura été l'Oude Geuze Millenium 1998.

Est-ce un effet de mon imagination (aidée par l'abondance de boissons), ou bien l'effet de l'acidité? Toujours est-il qu'on dirait que les gueuzes rajeunissent avec l'âge, gagnent en fruité et en vivacité, se fondent et s'exaltent: abricot, citron, un peu de cannelle et de moka, aussi, le tout enveloppé par l'acidité, du grand art, M. Armand!

 

Hervé Lalau

07:04 Écrit par In Vino Veritas dans Actualité, Belgique, Espagne | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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