30/03/2011

Primeurs: c'est reparti

Dans son post de lundi, notre confrère des 5 du Vins David Cobbold dénonçait le système des Primeurs de Bordeaux. "La farce", comme il les qualifie. C'est ICI

Un autre journaliste des 5, Michel Smith, parle lui de "Cirque".

Le même jour, on apprend que Michel Bettane - le Michel Bettane - s'emporte aussi contre les Primeurs, jusqu'à écrire une lettre de protestation à l'Union des Grands Crus. Lui ne vise pas vraiment le système, mais plutôt les passe-droits accordés à certains dégustateurs comme James Suckling ou à la RVF, qui peuvent déguster avant tout le monde.

Il n'a pas tort: pourquoi ceux-là plutôt que d'autres? Et puis, on va bientôt déguster les baies, ou commenter le débourrage.

Chez IVV, nous pensons que le problème est plus profond. C'est l'idée de base qu'il faut revoir. Dans l'état actuel des choses, nous avons de plkus en plus de mal à voir ce que nous, journalistes, avons vraiment à y faire.

Malgré tout, ne nous leurrons pas, le cirque durera tant que les investisseurs seront là.

Et si les critiques n'y vont plus? Pas grave, on enverra des traders... Et puis, c'est pas demain la veille que les grands médias s'en désintéresseront: les numéros "Spécial Primeurs", pleins de pub de châteaux d'assureurs, de fonds de pension ou de mécènes de la GD, sont plus vendeurs qu'un beau reportage réhabilitant le carignan ou la counoise, pas vrai?

Peu importe, dans ce contexte, si les vins présentés aux Primeurs sont buvables ou simplement représentatifs au moment où on les déguste. Peu importe même si ces "grandes bouteilles" vont vraiment nous plaire, dans quelques années. Elles ont pour elles leur réputation, et à ce titre, elles attirent l'oenophile comme les starlettes attirent le public à la sortie du Festival de Cannes.

Le Cirque, disait Michel Smith. Oui, c'est ça, un grand Cirque où tout ce qui brille n'est pas de l'or.

Mais nous sommes durs avec le Cirque. Pour faire un bon numéro, il faut des années d'entraînement. Et il faut être bon le jour dit. Il y a finalement beaucoup moins d'esbrouffe chez Pinder qu'autour de Parker.

09:21 Écrit par In Vino Veritas dans Belgique, Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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