12/04/2011

Primeurs de Bordeaux (Quatrième journée)

Nous retraversons à nouveau Garonne et Dordogne pour retrouver l’Union des Grands Crus, pour Saint-Emilion et Pomerol. Un festival de belles bouteilles à Saint-Emilion. Chacun y va de sa petite touche de trop qui fait que les vins ne sont pas exceptionnels, une pointe alcooleuse, une pointe tannique, une pointe acide…
En début d’après midi nous allons faire un tour du côté de chez Michel Rolland, au château Soutard, complètement restauré par l’équipe de Larmande : un travail d’Egyptien.
133 vins mais pour des raisons de survie de nos palais nous n’en avons gouté qu’une grosse trentaine.

Un mention à part pour un nouveau-né des prodiges bordelais, dans son deuxième millésime, le Château Ad Francos, en vérité le Château de Francs, légendaire propriété dont l’histoire commence au 6 ème siècle, mais qui ne peut appeler son vin ainsi parce que la bande de l’Angélus est propriétaire d’une partie du vignoble ceinturant le château et a, depuis un peu plus d’une décennie, déposé la marque Château de Francs.

100_0786.JPG

La brume se lève sur les Bordeaux Primeurs 2010 (photo H. Lalau)

 

Yquem à l’Opéra

16 heures, en route pour Bordeaux et la tant attendue dégustation de Château Yquem dans la salle de balle du Grand Théâtre de Bordeaux. Rien que ça. Nous étions pour l’occasion bien plus qu’à l’heure, ce qui nous a permis de nous décrasser le gosier en s’enfilant quelques flûtes de bière en terrasse du Grand Théâtre.
L’heure sonne, nous nous présentons à l’entrée du hall, nous croisons un jeune homme: costume à veste croisée, sombre (le costume, pas l’homme), oreillette avec câblage en forme de ressort tombant à l’épaule, la tête légèrement inclinée comme pour mieux capter le moindre des ordres émis. Les six pas que nous avions osé avancer étaient apparemment de trop et nous ont valu une réprimande. J’en suis désolé pour le pauvre bougre qui faisait son travail mais je n‘ai pas pu m’empêcher de dégainer mon badge en l’agressant, les yeux au ciel, d’un «Ce n’est qu’Yquem qui est à l’étage, pas les diamants de la couronne d’Angleterre!»
Yquem à l’opéra. En terme d’image c’est très bien joué: pendant que les autres Premiers, Médocains ou Saint-Emilionnais, même Pétrus, se font goûter à la campagne, qui oserait douter dorénavant que Yquem n’est pas le plus mythique grand vin de Bordeaux? Une idée qui, de plus, servira sans doute la cause de tous les liquoreux du Sauternais.
Le vin, quant à lui, est tout simplement parfait… mais sans doute trop parfait: plus une once de saleté noble qui nous rendait si enthousiastes, si amoureux. C’est très pur, proche d’un grand Eiswein, mais, personnellement, sans doute trop épuré.

Syndicat viticole des Graves

17h30, la voiture reste au parking, quelques centaines de mètres à pied me séparent de la dégustation des vins de Graves organisée par le syndicat viticole dans les murs du palais de la Bourse. Vous l’aurez compris, apparemment je suis abandonné, j’y vais seul! 56 propriétés, chacune présentant un blanc, un rouge, souvent des cuvées, autant dire qu’il y avait de quoi y rester jusqu’à minuit. En raison du programme à suivre, un peu chargé, mon choix se porte sur une vingtaine de domaines.
Dans l’ensemble, beaucoup de satisfactions. Des rouges frais, fruités, équilibrés et des vins blancs tous plus croquants et frais les uns que les autres.

11:22 Écrit par In Vino Veritas dans Actualité, Bordeaux | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.