07/06/2011

From Puglia with Love

Original, le concours Radici met aux prises des vins de cépages autochtones du Sud de l'Italie. C'est sa 6ème édition; il se tient cette année au Borgo Egnezia, près de Bari. Nous avons un homme dans la place, Hervé Lalau, qui nous raconte:

"Le cadre est très classe, une résidence hotelière flambant neuve, le Borgo Egnazia, à quelques encablures de la Grande Bleue, toute en pierre blanche, imitation village apulien.

Question dégustateurs, je suis gâté, j'ai à ma droite Pierre Casamayor, à ma gauche Marek Bienzyk; en face, il y a Franco Ziliani; et au bout de la table, Jancis Robinson qui remplit à merveille son rôle de présidente.

Voila des gens qu'on ne présente plus, je suppose, dans notre petit monde. Des gens qui n'ont plus rien à prouver, et ceci expliqyant cela, des gens pas trop compliqués. Sans vouloir cracher dans la soupe, ce n'est pas le cas de tous le monde dans ce métier; "il y en a qui se la pètent", comme on dit à Castelnaudary.

Bref, l'ambiance est excellente, le côté formel des dégustations n'empêche pas une sérieuse dose d'humour, une fois les notes rendues.

Radici 1.jpgLes dégustateurs (à gauche, au premier rang, le Professeur Casamayor et au fond, Jancis Robinson).

Et les vins? Je n'ai jamais dégusté autant de cépages différents (et parfois inconnus) dans un seul endroit: falanghina, fiano, bombino bianco, bombino nero, greco, aglianico, nero di troia, minotolo... à côté de ceux-ci, le negro amaro, le nero d'avola et le primitivo font presque figure de vieilles connaissances...

C'est là une bonne partie du plaisir de ces sessions, on s'étonne autant qu'on s'étalonne le palais, on apprend, on progresse. Tout n'est pas bon, oh que non, mais c'est moins la faute aux cépages qu'aux vinifications, entre ceux qui survinifient, ceux qui gomment, ceux qui lissent, et ceux qui boisent, ceux qui laissent les vins s'oxyder prématurément, aussi, il y a une belle collection de défauts techniques. L'horreur est humaine.

Mais tous les 3 à 4 vins, il y a des choses intéressantes, du plaisir, de l'inédit; un exemple entre dix: le minutolo, un cépage blanc local qui évoque à la fois le savagnin et le gewurztraminer - des senteurs de litchi, et pour les meilleurs, une bouche vive, bien sèche, bien minérale qu'on n'attend guère des blancs du Sud. J'ai aussi épinglé quelques jolis rosés de Negroamaro, et côté rouges, d'excellents nero d'avola.

En résumé, amis buveurs, aidez-nous à préserver ces cépages aux vieilles racines, cette diversité, cette différence, en leur donnant votre préférence quand vous achetez des vins de cette région. On fait sans doute quelques bons chardonnays, merlots et cabernets dans le Mezzogiorno, mais quelle nouvelle couleur apportent-ils à la palette des vins du monde? ".

Radici2.jpgVue du Borgo Egnazia

01:35 Écrit par In Vino Veritas dans Actualité, Italie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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