27/06/2011

LES FRANÇAIS, LE VIN, L'INTERNET, LA PRESSE

Quel rapport les Français entretiennent-ils avec le vin? Quelles sont leurs sources d’information et quelle place y occuppent les nouvelles technologies? Quels rôles jouent les réseaux sociaux et en quoi influencent-ils l’acte d’achat de vin? Ce sont les questions auxquelles ont dû répondre les sondés de l'étude So Wine/SSI 2011. Une étude à prendre avec quelques pincettes, à notre humble avis.


2040752735.jpgIl y a encore un avenir pour la vulgarsiation vineuse...

En voici les principaux enseignements:

Pour 74% des Français interrogés, le vin est un produit à distinguer des autres alcools. Voila qui fera plaisir aux 63 députés signataires de la proposition de loi visant à faire reconnaître le vin comme partie intégrante du patrimoine culturel français.

Une majorité des sondés (62,3%) se considère comme néophytes en matière de vin. Pour 63,8% d'entre eux, il est important d’avoir un minimum de connaissances sur le vin pour savoir l’apprécier; et pour 74,6% d'entre eux, "il est primordial de se renseigner avant d’acheter du vin". Notez que le contraire  nous aurait franchement déçu: imagine-t-on des gens vous dire qu'ils achètent n'importe quoi, ou les yeux fermés?

Toujours d'après l'enquête, "les conseils de l’entourage" demeurent la première source d’information utilisée par les consommateurs français pour préparer un achat de vin (46,8% des sondés disent s’y référer).

Arrivent ensuite "les conseils prodigués par les cavistes" (34,6%) et "les sommeliers" (15,3%). Ces deux chiffres nous semblent très élevés; d'une part, les ventes des cavistes sont loin d'atteindre 34,6% des actes d'achats. Et de l'autre, tous les restaurants ne proposent pas les services d'un sommelier. Il faut donc là encore faire la part du "déclaratif": si les sondés sont vraiment représentatifs de la populatiion française, lalors, à l'évidence, leurs réponses témoignent plus de leur aspirations que de la réalité de leur comportement. D'autant que d'autres études révèlent que 30% des Français environ ne boivent plus de vin.

Toujours selon So Wine, viendraient ensuite "les échanges directs avec le producteur" (14%) et internet (13,3%), largement devant les guides spécialisés (7,7%) et la presse écrite, qu’elle soit spécialisée (4,4%) ou généraliste (3,3%).

Voila des scores particulièrement bas. A se demander à quoi ça sert que les chroniqueurs vineux se décarcassent! Sauf que bien sûr, on n'a pas besoin de Bettane, de Dupont, de Gerbelle ou de Casamayor pour acheter sa bouteille de Cambras, de Listel ou du Cellier des Dauphins... Quel pourcentage de Français achètent des vins de prix pouvant nécessiter le conseil d'un spécialiste? Combien s'intéressent réellement au vin, au-delà de l'aspect boisson désaltérante? Le résumé de l'étude ne le dit pas. On peut aussi chausser des lunettes roses et se dire qu'il y a encore un avenir pour une vulgarisation intelligente...

Quoi qu'il en soit, les blogs et les forums consacrés au vin, eux, seraient consultés par 1 acheteur sur 3 et les sites de producteurs par 1 acheteur sur 4, alors que les sites payants de notes de dégustation attireraient à peine 5% des acheteurs réguliers.

Toujours selon l'étude, si le consommateur français de vin est particulièrement adepte des réseaux sociaux, son adhésion aux communautés en ligne sur le vin et son usage des applications mobiles demeurent faibles.
 
Malgré une utilisation plus active des réseaux sociaux généralistes (+5% par rapport à la population moyenne), à peine 4% des acheteurs réguliers appartiendraient à des réseaux sociaux spécialisés en vin et 6% à des groupes  "vin" sur les réseaux sociaux généralistes. Les applications mobiles consacrées au vin seraient elles aussi encore peu considérées, avec à peine 21% des répondants affirmant leur porter de l’intérêt.

Malgré un volume d’acheteurs en ligne encore assez faible, les comportements d’achat en ligne diffèreraient sensiblement de ceux qui prévalent dans les canaux traditionnels de distribution.

10% des sondés affirment acheter du vin en ligne. L'acheteur type aurait un profil plutôt masculin, urbain et jeune. A noter que 2 personnes sur 3 ayant utilisé Internet pour préparer leur achat de vin finiraient par acheter par d'autres moyens.

Le panier moyen pour un achat effectué sur Internet est sensiblement plus élevé que pour un achat effectué dans un autre canal: le budget moyen (+102%) et le volume d’achat (+90%) sont quasi doublés.

Enquête réalisée auprès d’un échantillon de 1.200 personnes, représentatif de la population française, du 1er au 8 février 2011.

Plus d'info: marie@sowine.com

14:00 Écrit par In Vino Veritas | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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