04/10/2011

Trois oeuvres de Berlioz

Marc Vanhellemont et moi rentrons de Chambéry où nous avons passé deux jours, histoire de faire un peu mieux connaissance avec un des vignobles les plus discrets de France, celui de Savoie. Des cépages indigènes quasi inconnus ailleurs, des vignobles à taille humaine, des particularismes locaux, une histoire millénaire, combien de raisons vous faut-il pour pousser un peu plus loin que le jaja de gros rendement qu'on vous sert dans les stations de ski ?

savoie,vin,vignoble,berlior,crayChignin au soleil couchant (photo H. Lalau)

 

Première démonstration avec les rouges du Cellier des Cray, à Chignin.

Le vigneron, Adrien Berlioz (oui, comme le musicien) est jeune, il en est à son cinquième millésime, mais il a vite fait ses gammes. Disons qu'il apprend en faisant et il apprend vite.

Berlioz.jpgAdrien Berlioz, un prénom à retenir (photo H. Lalau).

 

Néo-vigneron installé sur un peu plus de 5 ha, il est attaché à sa terre et à ses cépages locaux;  sa compagne est apicultrice, et tous deux  luttent pour préserver leur environnement.  Un prénom, une adresse à retenir.

Cellier des Cray Mondeuse (cuvée tradition) 2010

Griotte, poivre blanc, fumée lardé, entre gamay et syrah, léger, (12% d'alcoool, oui, ça existe encore), joyeux, jolis tannins, 15,5/20

Cellier des Cray Cuvée Marie Clothilde 2010

Le vin est sans doute un peu moins de nez ( pivoine, gariguette et fruit noir, qaund même), mais la bouche est vive, plus viandeuse, plus minérale aussi (presque crayeuse); belle fainle sur les épices, le poivre, une pointe de coriandre; avec sa charpente solide comme une maison des Bauges, voici une mondeuse taillée pour la garde 15/20 (et sans doute plus encore demain)...

Adrien concocte aussi de belles cuvées de Chignin-Bergeron (du blanc, cépage roussanne), élevées en cuve ou en barrique. J'ai particulièrement apprécié la Cuvée Grand Zeph 2010 (100%), aux superbes note sde poire et d'abricot au nez, et au bel équilibre gras vicacité en bouche, avec une finale légèrement saline. Là aussi, un vin qui ne perdra certainement pas à attendre un peu en cave - les roussannes sont souvent bues trop vite.

Rectificatif: tous les vins de Savoie ou presque sont bus trop vite. Soit parce qu'ils méritent mieux - ils y gagnent en complexité. Soit qu'ils ne méritent pas d'être bus du tout, mais ça heureusement, ce n'était pas l'objet de notre voyage...

Hervé Lalau

00:00 Écrit par In Vino Veritas dans Savoie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.