16/12/2011

Un apéro avec Miguel Torres Senior

Ce n'est pas pour me vanter, mais mardi dernier, j'ai pris l'apéro avec Miguel Torres Senior, à Barcelone.

Comme ce n'était ni le lieu ni le moment d'échanger nos adresses de vacances, nous avons parlé des vieux cépages catalans qu'il s'évertue à faire revivre - périodiquement, il met des annonces dans les journaux locaux pour qu'on lui fasse connaître des plants non identifiés.

Il les fait examiner, il en fait faire des boutures, il les fait planter, et parfois, quand le résultat est à la hauteur des espérances, il les multiplie; ce sont deux de ces plants sauvés de la mort commerciale, le Tarro et le Samso, qui ont été plantés au domaine de Grans Muralles, en Conca de Barbera. Ils portent les noms des viticulteurs qui les ont trouvés. Les vins que Torres en tire sont tout bonnement époustouflants.

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 Miguel Torres

 La démarche est d'autant plus intéressante que si l'on s'en rappelle bien, Torres est réellement sorti de l'anonymat, dans les années 70, grâce aux cépages internationaux - le cabernet sauvignon de son Mas La Plana, notamment, celui-là même qui a battu Latour dans une grande dégustation, propulsant au passage, non seulement Torres, mais toute l'Espagne, sur le devant de la scène viticole.

On dirait qu'il y a deux Torres, l'un, le tycoon qui vend des millions de bouteilles (très bien faites, d'ailleurs), et l'autre, le bon pater familias qui s'engage pour la sauvegarde du patrimoine viticole, et au delà, pour le développement durable, la lutte contre le réchauffement climatique...

Mais non, c'est le même. Seul le succès du "business" permet à Torres Miguel d'entretenir les "danseuses" écologiques de Miguel Torres. Et puis d'ailleurs, qui sait si demain, ces danseuses ne deviendront pas le mainstream du groupe?

Ou peut-être ne faut-il pas chercher si loin? Miguel Torres me semble tout sauf arrogant, blasé, compliqué. C'est un homme affable, aux idées claires, au verbe précis, aux manières exquises. Le genre de type avec lequel je reprendrais bien l'apéro, tiens.

Les chats ne font pas des chiens: j'ai rencontré son fils, Miguel Junior, au Chili, et il m'a fait lui aussi forte impression.

Hervé Lalau

09:38 Écrit par In Vino Veritas dans Espagne | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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