27/03/2013

Courrier des Lecteurs

A l'attention du comité de rédaction de IVV

Bonjour,
Je suis une lectrice régulière de IVV. Je ne suis pas abonnée : je fais partie de la génération des personnes qui « aiment avoir un contact direct avec son libraire ». Est-ce avant ou après la « génération du cheval de trait » ? Je l’ignore et je ne m’en soucie guère : je peux pleinement assumer mes attaches tant à des pratiques dites d’un autre âge qu’à celles plus actuelles. Par contre,  le propos caricatural autour de la  « génération cheval de trait » et de la « génération des tablettes tactiles » m’agace.
Cette petite pique d'ironie passée, je prends la balle au bond de la proposition de votre édito de IVV2.0, "à vous de nous dire" : merci pour l'invitation.
Je tiens d'abord à pointer certains propos de l'édito qui me paraissent susceptibles de prêter à  l' amalgame.  "L'accessibilité" et  «les  jeunes générations ?  Quel est le sens du lien entre les deux? Les jeunes ne liraient plus que via des écrans ?  Ou pire encore, il faudrait rendre les textes plus accessibles dans le sens de simplifier l'écriture? Cela  me semble un propos au minimum  simpliste  voire profondément méprisant et méprisable. Apprécier la variété dans le sens de la diversité dépend d'abord et avant tout des personnalités des lecteurs : s'intéresser aux vins et au monde du vin, chercher des outils permettant d'être un peu (voire beaucoup,) aiguillé, chercher simplement des conseils d'achats : ce sont d'abord des démarches individuelles de personnes de tous les âges, qui ont en commun le "VIN" avec tout ce que cela recouvre de ressemblances et de différences dans les approches, les envies, les profondeurs d'intérêts,...etc. Réduire cela d'un coup de plume à l'intérêt pour l'écrit sur papier ou sur tablette numérique est sans aucun doute un propos "accessible" mais totalement simpliste.
Je pense que cette question de varier et de rendre accessible renvoie avant tout aux ambitions et aux objectifs tant commerciaux qu'idéologiques de votre staff de rédaction. Je ne vois ni le lien ni le sens de certaines rubriques telles que l'oenotourisme (on trouve ce genre d'articles dans des tas de magazines féminins traitant de tout et de n'importe quoi), "l'art et le vin (j'ai lu "White album, blue nun" : ouais, c'est "amusant" mais qu'est-ce que cela apporte ?…je cherche encore, cela aurait plus sa place sur un blog). J'ai lu "les vins des copines" et malgré le titre un peu tarte, j'ai bien aimé ce regard féminin qui n'est pas le regard des femmes mais d'une femme : dans votre magazine très "mâle", c'est très chouette. A quand la parité?...(je plaisante).
Ces projets me font davantage penser  à un bel élan de souhaits de changement mais sans grande construction. En plus d’être la source d’une information fiable et indépendante, la valeur ajoutée d’IVV est pour moi la place qui a été laissée à la diversité des styles d’écriture et  des contenus. En fonction de mes attentes du moment, de mon humeur, du temps dont je dispose et de l’énergie que j’ai envie de mettre, je voyage d'un texte à l'autre,  d’un journaliste à l’autre.
Des changements? Pourquoi pas... Tant que tous les amoureux du vin ne perdent pas ce que vous leur offrez depuis des années : un magazine spécialisé où diversité n'a jamais été synonyme de tout et n'importe quoi.
Bonne continuation à tous et merci.
S. Deroyer

 

10:11 Écrit par In Vino Veritas dans Courrier Lecteur | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

Puisque je suis le cosignataire de l'édito dont vous partez, et l'auteur de l'article White Album/Blue Nun, je me permets de vous répondre, Mme Deroyer.

Je voudrais vous rassurer sur un point: nous n'avons aucunement l'intention de vous priver des articles de fond auxquels vous êtes habitués.

Nous souhaitons seulement nous ouvrir à de nouveaux types de lectorat, introduire un peu plus de fantaisie. L'oenotourisme ne me paraît pas une si mauvaise idée - tout dépend comment on la traite.
Par ailleurs, je revendique la légèreté de l'article Beatles. L'avenir dira si je me trompe. S'il ne vous apporte rien, peut-être donnera-t-il à de nouveaux consommateurs un autre regard sur le vin.

Quant à la référence aux générations "cheval de trait" et "tablette", c'est une caricature, bien sûr - un édito est toujours un peu caricatural, il doit frapper les esprits. Simpliste? Peut-être.

Vous nous prêtez des arrières-pensées mercantiles, une stratégie marketing ou commerciale. Par ailleurs, vous parlez d'élan sans construction. Que souhaitez-vous? Un marketing plan plus élaboré? Pas de marketing du tout?

La plupart des membres de notre équipe sont d'abord des amis qui aiment à déguster ensemble et à partager leurs coups de coeur, c'est là notre ciment; nous essayons d'en vivre un peu, mais avec le moins de compromissions possible.

Merci en tout cas de votre message, qui nous interpelle et nous fait réfléchir. Et merci de nous juger sur le contenu plus que sur nos intentions, plus ou moins bien formulées.

Hervé LALAU
Rédacteur en Chef Adjoint

Écrit par : Hervé LALAU | 28/03/2013

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