10/12/2014

Les vins Arméniens à Bruxelles

Lundi se tenait à la Bibliothèque Solvay, à Bruxelles, une dégustation de vins arméniens organisée à l'instigation de l'Ambassade d'Arménie en Belgique et de son ministre de l'économie, présent pour l'occasion.

Pour beaucoup, c'était là le premier contact avec les vins de ce petit pays du Caucase, dont les recherches archéologiques les plus récentes nous apprennent qu'on y a retrouvé les traces les plus anciennes de vinification (à peu près 6100 ans).

Entretemps, la patrie de Noé a connu pas mal de vicissitudes, de passage et d'invasions, pas toujours favorables au vin - la période ottomane, bien sûr, mais aussi la période soviétique, au cours de laquelle le pays était devenu un gros fournisseur de brandy du grand frère russe. Jusqu'aux années 1990, la viticulture locale fonctionnait majoritairement pour la production d'alcool.

Avec la fin du communisme, est venue la baisse des importations russes. L'Arménie se tourne alors vers d'autres marchés - mais le processus est assez lent.

Les meilleurs vins dégustés montrent que l'Arménie a sa place sur l'échiquier mondial du vin; pas seulement en hommage pour son passé de précurseur, mais pour la touche originale apportée par ses multiples cépages autochtones, notamment l'Areni, par ses pratiques culturales et de vinification originales. 

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Un des beaux vins issus de l'Areni présentés à Bruxelles

En a en effet affaire à un vignoble de montagne (l'altitude moyenne du pays est de 1800m), où la vigne souffre à la fois de longs hivers très froids (au point qu'on l'enterre souvent en hiver) et de la chaleur de l'été. Les cépages locaux y sont les mieux adaptés, et c'est sans doute la chance de ce pays de les avoir conservés; le consommateur mondial est un peu saturé des grands cépages internationaux et est prêt à découvrir autre chose.

Cette autre chose, l'Arménie peut la fournir - avec une autre originalité - qu'elle partage avec la Géorgie voisine: la vinification en amphores. A l'heure où des producteurs européens redécouvrent le vin orange, les Arméniens, eux, ne l'ont jamais vraiment délaissé.

Le défi, cependant, sera de polir ces joyaux, ce potentiel, pour mieux les faire briller.

12:45 Écrit par In Vino Veritas dans Actualité, Belgique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |