31/10/2007

En avant première, notre article Luxembourg

En avant première, nous publions ici les meilleures feuilles d'un article à paraître sur la Moselle luxembourgeoise. Retrouvez-le au complet (notes de dégustation comprises), dans notre prochain numéro. 

 

Luxembourg
La Moselle vue des hauts d'Ahn

Petit, mais joli 

Quantitativement parlant, la Moselle luxembourgeoise n'est pas un poids lourd de la viticulture mondiale: elle compte 1350 ha (à titre de comparaison, Saint Emilion en totalise 1750).  On trouve pourtant ici quelque 850 viticulteurs, dont la majeure partie, il est vrai, se regroupent en caves coopératives (Vinmoselle, qui les rassemble, représente 60% de la production). Le nombre de viticulteurs vraiment indépendants ne dépasse pas la cinquantaine. Une association, Domaine & Tradition, en regroupe 7, parmi les plus qualitatifs (ils diffusent une partie de leur vin sous un label commun).

Malgré le côté «compact» du vignoble, on peut vraiment parler de crus: les vignes pentues, les différentes expositions par rapport au soleil et à la Moselle génèrent une véritable cette diversité. De plus, il y a plus que des nuances au plan des sols: ceux du canton de Remich, au sud, sont plutôt lourds et donnent des vins assez ronds, gouleyants, alors que ceux du canton de Grevenmacher, plus calcaires, enfantent généralement des produits plus fins. 

Cette complexité se trouve démultipliée par les neuf cépages présents sur la zone, presque toujours vinifiés séparément (voir encadré).

Les cépages du Luxembourg


L’encépagement luxembourgeois s’est vu profondément modifié ces 25 dernières années ; peu à peu, les cépages nobles (pinots, riesling, notamment) ont grappillé des surfaces au détriment de l’elbling et du rivaner.
-l’elbling, léger et acide, a vu sa part dans l’encépagement diminuer de moitié en 25 ans, pour tomber à 9,8% (soit 128 ha)
- le rivaner (ou müller-thurgau) est plus parfumé; il représentait 46% de l’encépagement en 1985, il est tombé à 29,5 aujourd’hui (soit 384 ha)
- l’auxerrois, souple et fruité, est lui en progression (de 12 à 14%; soit 182 ha),
- le pinot blanc (assez neutre, sauf dans les bons crus), progresse cependant (il frôle les 11% de l’encépagement), notamment parce qu’il constitue une bonne base pour le crémant
-le pinot gris (corsé, mais souvent plus vif qu’en Alsace), est le plus grand gagnant de ces dernières années : il est passé de 3,5 à 13,5% de la surface plantée (176 ha).
-le gewürztraminer (aromatique mais généralement élégant), reste rare (17 ha au total).
-le riesling, sacré roi des cépages luxembourgeois, est passé en 25 ans de 10 à 12,5% de la surface plantée, soit 163 ha.
- le pinot noir (dont les meilleurs, les bonnes années, en remontrent à bien des vignobles plus au sud), n’était pas présent dans l’encépagement luxembourgeois en 1980 ; il totalise aujourd’hui 6,7% des surfaces (88 ha).
-Le chardonnay, qui n’est pas traditionnel dans la zone, ne totalise encore que 14 ha ; il est apprécié pour les crémants, mais on le vinifie aussi en vin tranquille, parfois en barrique.

Une seule AOC

Tout ceci, sous une seule A.O.C., «Moselle Luxembourgeoise», mais hiérarchisée selon les notes obtenues lors de la dégustation d’agrément entre "Grand Premier cru" (les mieux notés), "Premier Cru", "Vin Classé" ou "sans mention". La notion de cru recouvre donc ici une valeur toute particulière.
Pour en terminer avec les généralités, notons que la Moselle Luxembourgeoise, malgré sa proximité géographique avec son homonyme allemande, et certains cépages communs, présente des différences notables avec celle-ci. Au Luxembourg, les degrés d’alcool sont généralement plus élevés; la pratique des vendanges tardives est moins systématique (même si on en trouve, et de forts bons); la notion de parcelle existe, mais elle est un peu moins utilisée commercialement; par ailleurs, on n’y trouve pas les schistes qui confèrent aux «Mosel» d’Allemagne leur inimitable minéralité. Ils ont cependant en commun la faculté de bien vieillir, notamment grâce à une bonne acidité (plus prononcée qu’en Alsace, par exemple). Quoi qu’il en soit, les clients attendent rarement, et un millésime chasse l’autre dans les caves.
A noter également la montée en puissance de l’appellation Crémant de Luxembourg (le seul Crémant hors de France), qui assemble le plus souvent les rieslings, les pinots et le chardonnay. Bernard Massard, Saint-Martin et Pol Fabaire sont les champions de ces bulles luxembourgeoises en termes de volume, mais nombreux sont les petist propriétaires qui s’y essaient ces dernières années. L’effervescent produit est généralement vif et simple, mais des cuvées plus complexes raviront l’amateur (la cuvée barrique d’Alice Hartmann, par exemple).

22:53 Écrit par In Vino Veritas dans Luxembourg | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |